La violence conjugale est une forme de violence qui s’exerce dans le cadre d’une relation amoureuse, qu’elle soit actuelle ou passée. Elle peut survenir dans tout type de relation intime, indépendamment de la durée de cette relation. Cette forme de violence est également considérée comme une violence basée sur le genre ou sexiste, étant l’une des formes de violence les plus couramment subies par les femmes, selon ONU FEMMES, et malheureusement, elle conduit parfois au féminicide.
La violence conjugale n’inclut pas uniquement les couples mariés, mais comprend également les conjoints en unions libres, les concubins, ou toute autre relation intime entre personnes de même sexe ou non. Cette forme de violence se traduit par un déséquilibre au sein de la relation, où il y a un dominé et un dominant.
Cette violence ne se limite pas uniquement à l’aspect physique (coups et blessures), mais englobe également la violence verbale (ordres, hurlements, propos dégradants ou humiliants), la violence psychologique (isolement social, dévalorisation de la personne), la violence sexuelle (agression sexuelle, harcèlement, intimidation pour avoir une relation sexuelle, sexe non consenti en échange d’argent pour les besoins de la personne) et la violence économique (contrôle des revenus et des dépenses, interdiction de travailler).
Ces différentes formes de violence sexiste que subissent les femmes et les filles ont pour finalité le plus souvent un féminicide. Selon DALLOZ, le féminicide désigne le fait de tuer une femme en raison de son sexe, pour des motifs liés à son identité de femme. Les excuses pour ce genre de crime odieux sont diverses, cela peut résulter de disputes avec excès de colère, de crises de jalousie, ou de séparations non acceptées, et peuvent aboutir au meurtre.
Selon un article publié par ONU FEMMES le 21 septembre 2023, environ 45 000 femmes et filles dans le monde ont été tuées par leur partenaire intime ou d’autres membres de la famille en 2021. Cependant, 56% de ces crimes sont commis par des partenaires intimes, constituant ainsi un problème universel à combattre pour protéger les femmes et les filles.
En Haïti, le problème est alarmant. Les mœurs, les coutumes, les églises, en un mot, ce système patriarcal ne font que renforcer et consolider ces violences, voire même ces cas de féminicides à l’égard des femmes et des filles haïtiennes. Nombreuses sont les femmes qui en paient le prix, parfois de leur propre vie, en silence. Des exemples tels que Regina Nicholas (jeune comédienne et photographe tuée par son conjoint en pleine rue, sans l’intervention de personne sous prétexte qu’elle était une « pute » maltraitée par son conjoint) et Guetchine Saint-vil (une jeune femme tuée chez elle par son partenaire, alors que des voisins ont entendu des disputes violentes sans intervenir sous prétexte que c’était son conjoint) sont des témoignages de ces violences, selon Ayibopost en novembre 2019.
Le chemin est encore long pour atteindre l’idéal que nous prônons tous : un monde de paix et de sécurité pour toutes les femmes et les filles. Continuons ensemble à œuvrer dans cette lutte pour l’épanouissement de la femme.
Shedna CAMBLARD

