À l’occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes et aux filles, le samedi 25 novembre 2023, les organisations féministes Gran Jipon et Nègès Mawon ont organisé une veillée féministe pour lancer les 16 jours d’activisme contre les violences sexistes.

Les locaux de Nègès Mawon, situés à la rue des Marguerites de Turgeau, ont accueilli un petit nombre de personnes pour marquer cette journée internationale contre les violences faites aux femmes et aux filles par une veillée.

Pour rester dans le thème, la majorité s’est vêtue en noir. Cependant, personne n’était là pour faire le deuil. Reprenant les mots de la coordinatrice générale de Gran Jipon, Thara Layna Marucheca Saint-Hilaire, « on ne veut pas faire le deuil, cette activité est un cri de colère et de ressentiment contre l’injustice criante dont les femmes ont toujours fait l’objet dans le monde ».

Une veillée pour ces âmes envolées, ces âmes parties en lambeaux sans avoir pu se faire une place dans le monde. Ces voix se lèvent pour dire « NON », pour dénoncer l’insupportable.

Cette veillée se voulait comme un rappel. Un rappel pour ne pas oublier ces femmes qui sont parties parce qu’elles ont eu la malchance de naître dans un monde qui les considère comme une proie qu’on peut se débarrasser d’un revers de main quand elle devient trop embarrassante.

De ce geste symbolique résonne un cri de révolte. Elles ont lancé un message pour que le patriarcat comprenne que les femmes n’ont plus à payer d’être nées femmes. Être femme ne doit plus être un fardeau. Qu’il comprenne qu’elles comptent récupérer cette place qui leur a été arrachée trop prématurément.

Toujours dans l’esprit protestataire contre cette réalité imposée aux femmes, plusieurs actes ont été posés. Des témoignages ont été faits. Des témoignages de femmes battues jusqu’à rendre l’âme. Des témoignages pour rendre compte de cette réalité douloureuse.

L’histoire retiendra que la mort de ces femmes n’est en rien un simple passage d’un état à un autre, mais des vies volées, des rêves assassinés, des bonheurs étouffés au passage. Ces noms ne doivent jamais être oubliés de l’histoire.

Toutes et tous, ont déjà entendu des histoires déchirantes de femmes tuées parce qu’elles ont été femmes. Ainsi, chaque personne présente dans l’activité a eu à en faire un témoignage écrit qui servira de mémoire.

Cette activité se voulait également un acte qui permettrait à ces femmes de trouver le chemin du repos, par des bougies allumées, dont chacun.e a tenu en souvenir à l’une d’entre elles. Iels ont dit adieu par une promesse que leur mort qui a su éveiller le refus de se plier à ces normes sans fondement qu’a instauré le patriarcat ne restera pas insignifiante. Que leur départ servira de vecteur conducteur pour mener la lutte pour la réhabilitation de la femme.

Remplis de toute l’émotion du moment, de l’espace, accablé par l’angoisse de la perte, l’art était au rendez-vous, pour dépeindre la situation et sceller le pacte de l’engagement sous la mélodieuse voix de l’artiste Jo-J à travers deux morceaux dont « Black is Beautiful » et de la slameuse Nègès Colas.

Les instants déprimants ont fait place à des notes assez sonores. « Bat tenèb », qui traduit les hurlements d’angoisse, les cris de rage face à un système sanguinaire qui torture les femmes depuis le berceau. Toutes et tous se sont servis de tout ce qui leur était disponible pour se faire entendre. Et l’activité a pris fin sur des rendez-vous pour les prochaines activités liées aux 16 jours d’activisme.

Tchika Joachim



Laisser un commentaire

En savoir plus sur GRAN JIPON Organisation Féministe Intersectionnelle

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture