Éprise de l’art depuis sa plus tendre enfance, Dominique St-Germain est une artiste, créatrice de contenu et illustratrice haïtienne, âgée de 33 ans, basée et évoluant en free-lance en Haïti . Elle a grandi entourée de joyeux artistes qui l’ont aidé à aiguiser son envie d’explorer plus profondément le monde de l’art. Elle a étudié les arts plastiques à l’Ecole nationale des arts ( ENARTS) , la seule école d’art du pays, où elle a obtenu son diplôme après quatre années d’études qu’elle qualifie les plus belles années d’apprentissage de sa vie. Elle continue d’explorer ses techniques favorites telle l’aquarelle et la gouache, dans le but de parfaire son expression et d’explorer l’univers de possibilité de création qui s’ouvre à elle. Sous une apparence douce se cache une artiste passionnée qui puise son inspiration tout autour d’elle. Pour nous raconter les coulisses d’une passion qui la fait vivre. Elle nous présente son univers d’illustratrice.

G.J- As-tu toujours rêvé de devenir illustratrice?

D.St.G- Je pense que d’une certaine manière j’ai toujours rêvé d’être une artiste, mais je ne saurais dire que j’ai toujours voulu être illustratrice puisque certaines notions je les ai acquises au fil des années, et le lot d’expériences acquises m’ont incitées à me spécialiser dans l’illustration traditionnelle, mais au tout début ce qui m’intéressait vraiment c’était juste de faire de l’art et de pouvoir le partager avec le monde.

G.J-Qu’est ce qui t’inspire?

D.St.G- Je puise mon inspiration dans les petites choses qui m’entourent, et surtout dans la nature et ses multiples facettes.

G.J-Peux-tu nous parler un peu plus de tes œuvres, elles expriment quoi?

D.St.G – Mes œuvres se bercent sur les moments simples de la vie, les moments que nous jugeons ordinaires mais qui ont toute leur importance. Le fait de savourer la paix un dimanche après-midi, en savourant du thé à la cannelle, par exemple. Et aussi le cottage core qui est une esthétique qui célèbre la vie simple, et la beauté de la vie à la campagne. Mes illustrations ont toutes une touche de cottage core, c’est ce qui me rattache à la vie simple à laquelle j’aspire.

G.J-As tu déjà Illustré pour des auteurs ? Et comment a été l’expérience.

D.St.G-Oui récemment j’ai illustré deux livres pour enfants de deux auteures haitiennes, Régine Theodat et Aurélie Fièvre. J’ai illustré les deux presqu’en même temps je dois dire et j’ai voulu combiner le traditionnel et le digital pour une fois, et je pense que ça a été une réussite. Les livres seront disponibles très bientôt! J’ai vraiment hâte de vous laisser découvrir ma collaboration avec ces deux talentueuses auteures!

G.J- Connais-tu d’autres femmes qui œuvrent dans le domaine de l’illustration en Haïti?

D.St.G- Je connais plusieurs femmes illustratrices haïtienne dont Lori Saint-Rome,(@bylorintheory) Francesca Désulmé (@koukatelier), Corine Bond (@enirok.er) pour ne citer que celles-là. Elles sont toutes de très bonnes illustratrices, avec leur style unique.

G.J- D’après toi quelle est l’importance qu’a l’illustration dans le domaine de l’écriture?

D.St.G- Oh je pense que l’écriture est un univers qui érige ses bases en partie à l’aide de l’illustration. L’illustration aide le lecteur, la lectrice à mieux concevoir mentalement la scène, l’action décrite dans le livre et à mieux s’immerger dans le récit de l’auteur.

G.J- Penses-tu que l’illustration peut impacter ou apporter un plus dans la lutte que mènent les femmes en Haïti?

D.St.G-Bien sûr que je crois que l’illustration possède tout le pouvoir et la force de pénétration qui puissent renforcer la lutte que mènent les femmes en Haïti. Une image, une illustration prône un discours aussi durable et poignant qu’une marche pacifique. Là où la marche s’arrête, l’illustration sur n’importe quel support, prend la relève en termes de durabilité et d’interprétation.

G.J- Quelles sont les difficultés rencontrées et les défis à relever en tant que femme illustatrice?

D.St.G- En tant que femme illustratrice évoluant dans une société où le patriarcat continue à se sourcer dans l’inégalité des opportunités, de la confiance faite aux artistes féminins, il est extrêmement difficile de se frayer un chemin qui puisse servir de filière aux autres illustratrices de notre société, car les illustrateurs sont plus côtés, plus prisés et plus employés que les illustratrices. Et ceci à pour cause une base inégalitaire, qui fait que dès le plus tendre âge, les filles se voient être modelées à suivre un sentier utilitaire plutôt que délibératif, expressif et créatif. On dirige les intérêts des filles vers des pratiques déjà établies pour elles par le patriarcat et la masculinité toxique.

G.J- Quelles sont tes attentes?

D.St.G-Mes attentes sont multiples, mais la principale reste et demeure de me servir de mon art et mes aptitudes pour arriver à l’émancipation et l’épanouissement que je désire et aussi servir d’outils pour permettre de paver le chemin pour les jeunes illustratrices à venir et aussi celles qui sont déjà là, battantes et résistantes aux obstacles de notre société.

G.J-Aurais-tu un conseil a donner à une femme qui souhaite évoluer dans ce domaine en Haiti?

D.St.G- Mon conseil pour une femme qui souhaite évoluer dans le domaine de l’illustration en Haiti serait de ne pas se laisser baliser par les contraintes dues à la mentalité d’inégalité de genre de notre société et aussi de ne pas se laisser emporter par les vagues tendancielles, mais plutôt de travailler à peaufiner son style, son langage artistique dans le but de développer une expression unique et propre à elle-même.

Somara Léonard



Une réponse à « Le monde de l’illustratrice Dominique St-Germain »

  1. Avatar de Francia Pierrette

    Bon boulot gran jipon. Kontinye travay vilgarizasyon travay medam yo.

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