
Lauréate du programme de résidences d’écriture mis en place par le Centre Pen-Haiti, la rédactrice en chef de Gran Jipon , Thara Lajoie va pouvoir réaliser son projet qui consiste en la rédaction d’articles autour de la violence obstétricale.
« Obtenir cette résidence constitue pour moi une avancée dans ma carrière de journaliste et dans ma lutte pour le respect des droits des femmes », a indiqué la journaliste Thara Lajoie, lors d’une interview accordée à Gran Jipon, affirmant que cette forme de violence considérée comme normale se fait dans plusieurs hôpitaux du pays et des femmes victimes ne se rendent même pas compte que c’est une violation de leur droit.
Pour la féministe Thara Lajoie, la violence obstétricale qui est une violence que subissent les femmes au cours de l’accouchement des mains du personnel de santé, constitue un vrai danger. « J’ai choisi de traiter cette notion c’est dans le but de mettre la lumière sur cette pratique qui est considérée comme insignifiante pour plus d’un dans notre société. Des femmes en subissent chaque jour, pourtant ce sujet reste tabou. Les femmes doivent savoir que cette violence est néfaste pour leur santé sexuelle et reproductive », a fait remarquer Thara Lajoie.
La réalisation de ce projet n’est pas sans difficulté, nous confie la journaliste Thara Lajoie. « Les survivantes de la violence obstétricale et les personnels médicaux refusent d’en parler. D’une part, lors des premières interviewes, les personnels médicaux ont affirmé ne pas reconnaître l’existence de cette pratique. D’autre part, les survivantes admettent avoir été victime de celle-ci, par contre elles ne les considèrent pas comme une forme de violence. Le fait de ne pas vouloir se confier s’érige en obstacle à mon projet ».
Plusieurs jeunes femmes ont des séquelles après avoir vécu un accouchement, mais ne savent malheureusement pas le rôle qu’a joué les personnels de la santé dans leurs traumatismes. La journaliste à Enquet’Action , Thara Lajoie pense que les femmes ne connaissent pas amplement leurs droits et ne savent pas la manière dont elles doivent jouir leurs privilèges notamment dans le domaine sanitaire.
« Étant donné que la violence obstétricale est une violation du droit d’avoir le contrôle et de décider librement et de façon responsable des questions liées à la sexualité, y compris la santé sexuelle et reproductive, à l’abri de toute contrainte, de toute discrimination et de toute violence, mon travail va permettre aux femmes de mieux comprendre ces pratiques en leur apprenant à identifier ces dernières, à prendre conscience de ses conséquences néfastes et à connaître quelles mesures prendre, si toutefois elles en sont victimes », a rappelé la journaliste Thara Lajoie.
La féministe Thara Lajoie considère cette initiative comme un pas de plus dans le mouvement des femmes haïtiennes. Et va également permettre d’effectuer une sensibilisation dans la reconnaissance du droit à la santé sexuelle et reproductive.
La résidence s’inscrit dans le cadre du programme Droits de l’Homme et perspectives de femmes bénéficiant du soutien du fonds des Projets Innovants des Sociétés Civiles et Coalitions d’Acteurs (PISCCA) de l’Ambassade de France en Haïti et de l’appui technique de Umanum. Journaliste et activiste féministe, Thara Lajoie bénéficie de l’accompagnement de l’équipe du Centre PEN-Haïti et d’un lieu de travail tranquille pour avancer sur ce projet jusqu’au 8 mai prochain.
Marie Lunix Hogla Cerisier

