
Cp: Fb de Marijan
Les associations féministes Nègès Mawon et Marijàn ont organisé le dimanche 3 avril dernier, un « flash mob » autour du thème « Yon Konba ret yon Konba », devant les locaux du ministère à la Condition féminine et aux Droits de la Femme (MCFDF) en vue de réclamer le respect des droits des femmes à l’occasion de la 36e journée nationale du Mouvement des Femmes Haïtiennes.
Lors de son discours de circonstance, la coordonnatrice de Marijàn, Nathalie Eleonor Vilgrain a dressé un tableau sombre de la situation des femmes haïtiennes qui font face à de nombreux défis telle la non-jouissance des droits fondamentaux à savoir les droits à l’éducation, au logement, à l’indépendance économique, à la santé, à la sécurité, et à celui qui concerne leur participation dans la vie politique du pays.
« Nous condamnons l’État haïtien qui s’érige en obstacle face au mouvement féministe haïtien. Nous condamnons toute forme de violences qui engendrent l’exclusion des jeunes féministes. Nous condamnons surtout les violences politiques que subissent les jeunes féministes et le traitement « tiers mondiste » des droits des femmes », a déclaré la féministe Nathalie E. Vilgrain.
Environ trois cent femmes ont pris part à ce flash mob qui avait pour but de leur permettre de revendiquer leurs droits, de dénoncer les violences faites aux femmes, notamment les féminicides, profitant du coup de l’occasion pour exiger leur intégration dans tous les domaines et sensibiliser les femmes à s’impliquer dans les affaires politiques du pays.
« Nous condamnons l’attitude antiféministe de la Police nationale d’Haïti (PNH), qui est impliquée dans les actes de violences et de corruption. Nous condamnons le retrait de la lutte féministe haïtienne dans le cadre politique. Ce qui empêche l’accomplissement des travaux concernant les problèmes des femmes qui sont liés à une structure patriarcale, impérialiste et raciste », désapprouve la féministe Nathalie E. Vilgrain, coordonnatrice de Marijàn.
Selon la coordonnatrice de Marijàn, les revendications des féministes haïtiennes prouvent qu’elles effectuent un travail qui place la démocratie au centre de la société haïtienne, où le principe d’égalité devient réel. Elle condamne toute pratique qui porte préjudice, au niveau national et international, au bon développement des droits et libertés des femmes en Haïti.
« Nous exigeons l’abolition de l’impunité. Nous exigeons la mise en œuvre d’un système fonctionnel pouvant sanctionner les personnes et les institutions coupables afin de permettre une réparation historique. Nous demandons aux institutions internationales d’assumer leurs responsabilités face à la mauvaise gestion des problèmes touchant les filles et les femmes », avance-t-elle. « Nous demandons aux institutions internationales de prioriser les voix des femmes et celles des féministes haïtiennes afin d’orienter et guider leurs actions en faveur du développement durable ».
De son côté, la responsable de programmes de l’association féministe Nègès Mawon, Joeanne Joseph déplore le féminicide qui sévit dans le pays et assure que la lutte pour le respect des droits et libertés va continuer. « Même si les objectifs fixés dans le mouvement des femmes haïtiennes n’ont pas été atteints, nous continuerons à lutter, d’ailleurs nous avons plus de courage et de force. Nous sommes fières du travail accompli », a indiqué la féministe Joeanne Joseph.
La responsable de programmes de Nègès Mawon a saisi cette opportunité pour encourager les survivantes de violences à intégrer le programme « Marrainage » mis sur pied pour soutenir les survivantes de violences. Dépendamment de la situation, le soutien peut être psychologique, médical et judiciaire ».
Le 3 avril 1986, plus de 30 mille femmes ont manifesté dans la capitale et d’autres villes du pays pour exiger le respect de leurs droits politiques, socio-économiques. 36 années après, les femmes continuent d’être victimes de toute sorte de discrimination. Cependant, les féministes haïtiennes se mobilisent pour continuer la lutte pour améliorer la situation des femmes dans le milieu social haïtien.
Marie Lunix Hogla Cerisier

