
Les sœurs Mirabal sont à l’origine du 25 novembre en tant que journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. En raison de leur opposition ferme au régime dictatorial de Trujillo, trois sœurs militantes ont été froidement assassinées le 25 novembre 1960 en République dominicaine. Pour commémorer l’assassinat des sœurs Mirabal, en 1999, les Nations Unies ont baptisé le 25 novembre « Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes ».
Les sœurs Mirabal, communément appelées « Hermanas Mariposas », sont nées en République dominicaine et ont été de ferventes opposantes à la dictature de Rafael Trujillo. Patria Mirabal, l’aînée de la famille, est née le 27 février 1928. Maria Argentina Minerva Mirabal, la deuxième, a quant à elle vu le jour le 13 mars 1926, suivie en 1925 de sa sœur Adela Belgica Mirabal. La benjamine de la famille, Antonia Maria Teresa, attendra, pour sa part, jusqu’en 1935 pour naître, soit 5 ans après le début de la dictature de Trujillo.
Les quatre filles Mirabal, venant d’une famille aisée de Salcedo, une ville du nord de la République dominicaine, ont pu bénéficier d’une très bonne éducation qui leur a permis d’évoluer dans leur champ d’activité respectif. Patria a obtenu un diplôme en dactylographie et s’est mariée à l’âge de 17 ans avec Antonio González. Minerva, en 1946, a obtenu son diplôme en lettres et en philosophie. Plus tard, elle a fait des études de droit, devenant ainsi la première femme dominicaine à obtenir un diplôme de droit. Teresa, la petite dernière de la famille, a fait des études en mathématiques, tandis qu’Adela a repris les affaires familiales aux côtés de son père.
Le destin des Mirabal a basculé en 1949, lorsque la famille a été invitée à des festivités organisées en l’honneur du dictateur au palais. Lors de cette soirée, Trujillo est tombé sous le charme de Minerva, qui n’éprouvait que du dégoût à son égard. La jeune fille de 23 ans, ayant refusé toutes les avances de Trujillo, a été considérée, elle, ainsi que toute sa famille, comme opposante politique du président. Accusée d’être membre du Parti socialiste populaire, la juriste, plusieurs de ses amis et sa famille ont été emprisonnés et maltraités, ce qui a conduit au décès du père des sœurs Mirabal.
Les Mirabal symbole de la lutte contre les violences basées sur le genre
Les Mirabal, symbole de la lutte contre les violences basées sur le genre. Après la mort de leur père, Minerva, parmi ses sœurs, était la plus engagée contre Trujillo. Elle s’est publiquement impliquée dans des actions politiques visant la destitution du président. Lors de ses années d’études en droit, la militante a rencontré son époux, Manolo Tavarez Justos, et ils ont eu trois enfants entre 1956 et 1960.
Dans sa quête pour la liberté de son peuple et la fin de la gouvernance de Trujillo, la diplômée en philosophie sera suivie par deux de ses sœurs. Ses sœurs Teresa et Patria, formaient avec elle les « Hermanas Mariposas », qui signifiait les sœurs papillons. Elles utilisaient ce pseudonyme lors des réunions clandestines d’opposition au dictateur, auxquelles elles participaient régulièrement. Leur sœur Adela, quant à elle, resta éloignée de la politique jusqu’à l’assassinat de ses sœurs.
Le 14 juin 1959, autour des sœurs Mirabal, accompagnées de leurs époux, est né un mouvement révolutionnaire. Ce mouvement avait pour objectif de rassembler tous les opposants au pouvoir de Trujillo et de préparer la révolution. Pour ce faire, ils organisaient des réunions clandestines, produisaient et distribuaient des tracts. Ils ont aussi rassemblé des armes et des explosifs dans le but de faire la révolution. Toutefois, les membres de ce mouvement, y compris les sœurs papillons, ont été découverts et arrêtés.
Cette arrestation a été condamnée par les membres de l’opposition à l’échelle internationale, ce qui a suscité l’Organisation des États américains à envoyer des observateurs sur place. Ces démarches ont heureusement conduit à la libération des sœurs Mirabal, mais malheureusement, leurs époux sont restés emprisonnés.
Le 25 novembre 1960, revenant d’une visite à la prison Minerva, Patria et Teresa sont prises au piège par les membres du service secret de Trujillo. Ces derniers les ont conduites vers une maison de campagne où elles ont été cruellement assassinées. Leurs corps ont ensuite été replacés dans leur véhicule, qui a été jeté du haut d’un précipice. Suite à cet événement et à l’indignation qu’il a générée au sein de la société dominicaine, l’opposition contre Trujillo s’est renforcée, et six mois plus tard, il a été assassiné.
En 1999, le 25 novembre a été baptisé par les Nations Unies « Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes », en l’honneur de la commémoration de l’assassinat des sœurs Mirabal. Les sœurs Mirabal sont devenues, par leur lutte, une figure emblématique de la lutte contre la dictature de Trujillo, symbole de résistance contre la violence faite aux femmes.
Soraya GUERRIER

