
Le samedi 16 septembre 2023, dans le cadre d’une quinzaine d’activités à l’occasion de la Journée Internationale pour le Droit à l’Avortement organisée par les organisations féministes : NÈGÈS MAWON, GRAN JIPON, MARIJÀN, RÈG, DANTÒ ET PROFAMIL. Parmi ces activités de commémoration et de plaidoyer sur le droit à l’avortement, le public a eu droit à une représentation de la pièce « Danta, » une pièce de Joeanne Joseph mise en scène par Gaëlle Bien-aimé.
Dans une ambiance assez posée, dans les locaux de la bibliothèque Michèle Tardieu à 15 heures, un public nombreux et enthousiaste a accueilli les actrices, Charline Jean-Gilles et Stéphanie François. La salle était comble, plusieurs personnes n’ont pas pu trouver de siège. Assis ou debout, les gens ont été traversés par une myriade d’émotions en étant témoins de l’immense douleur d’une mère découvrant la poignante vérité sur la mort de sa fille.
L’histoire met à nu une mère déchirée, anéantie, qui se questionne sur la mort de sa fille unique , Danta . Un enfant qu’elle n’a pas souhaité, le fruit de son terrible malheur, de son innocence arrachée .
À seulement treize ans, elle a tout de suite senti qu’elle voulait ce petit être qui n’a pas demandé à venir au monde. Elle s’est accrochée à lui et a appris depuis ce jour à l’aimer au-delà de tout ce qui pouvait les distinguer. Son seul amour, sa seule amie. Trop jeune pour être sa mère, trop vieille pour être seulement son amie.
Sous les lèvres d’une voisine se dessinait l’objet de toute sa souffrance : une lettre de Danta . Une lettre d’excuse, de souhait, et d’inquiétude, mais surtout une lettre remplie de l’amour d’une fille pour sa mère. Danta explique les raisons de sa mort. La société l’a assassinée, une société patriarcale et misogyne qui empêche les femmes de vivre selon leurs choix.
Danta a osé vouloir, comme tant d’autres jeunes femmes, ne pas autoriser un fœtus à grandir dans son corps de jeune écolière. Certaines s’en sortent sous le couvert des charlatans avec des appareils reproducteurs endommagés, mais certaines, comme Danta , y laissent leur peau sous le regard insouciant de la société et de l’État.
Agitée , la mère était confrontée à cette réalité cruelle qu’elle ne pouvait accepter, mais sur laquelle elle n’avait aucun pouvoir. Elle était accablée par le chagrin, envahie par le regret de n’avoir pas pu secourir sa fille de cette dépression qui tourmentait son âme, si elle avait su les préoccupations de sa fille plus tôt. Elle aurait pu remédier à cette situation trop lourde pour sa fille.
Les feuilles médicinales ont toujours eu cette vertu d’accourir aux désirs des femmes. Elles l’ont toujours fait. Grand-mère, tantes, sœurs, toutes ont eu recours aux petites feuilles qui font couler le sang, mais elle n’a pas su avant.
Un vif débat animé par Gaëlle Bien-aimé et Farah Louis a mené les discussions qui tournaient autour du droit à l’avortement libre et sécurisé, de l’autodétermination et de l’autonomisation du corps des femmes, de leur liberté de choisir, de leur droit à une sexualité libre et épanouie, des méthodes clandestines et de leurs conséquences destructrices sur la vie des femmes, ce qui a été mis en avant et déconseillé par l’infirmière Farah Louis.
Pour céder la place à une séance de formation sur les méthodes scientifiques, notamment l’avortement médicamenteux qui se fait lorsque la femme ingère une pilule ou l’insère dans son vagin. Selon Farah, sage-femme et membre de Nègès Mawon, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) autorise la consommation de certaines pilules sur le marché international à partir de 7 à 10 semaines de grossesse.
La femme peut avaler une Mifépristone ou 4 Misoprostol (Sitotèks) par jour. Cela peut se faire sans la présence d’un spécialiste, cependant, ce n’est pas sans risque, et la personne doit avoir un suivi médical post-avortement.
En outre, il y a la méthode chirurgicale qui doit se faire en présence d’un spécialiste et qui comprend le curetage et l’aspiration. Enfin, le débat s’est achevé sur le thème de la campagne : la légalisation de l’avortement sécurisé en Haïti.
La rédaction »

