L’accès à l’avortement reste illégal dans de nombreuses régions du monde, suscitant une lutte acharnée pour le droit des femmes à disposer de leur corps en matière de santé sexuelle et reproductive, qui dépasse les frontières nationales.

L’avortement n’est pas une nouvelle pratique. Les femmes utilisent plusieurs moyens de se faire avorter depuis toujours. C’est un acte utilisé parfois comme outil de résistance,face à des sociétés émettant toutes sortes de sanctions à l’encontre de celles-ci. Le droit à l’avortement reste à nos jours une lutte qui n’est pas acquise. Car elle peut être remise en question à tout moment. Les législations varient à travers le monde selon les contextes politiques et socioculturels divergents selon l’époque.

En Amérique du Sud, l’accès à une interruption volontaire de grossesse demeure difficile. Le Surinam et le Nicaragua interdisent totalement l’avortement, ainsi que le Salvador qui a adopté en 1998 une législation draconienne, prévoyant des peines allant jusqu’à huit ans de prison en cas d’interruption de grossesse. Les cas d’IVG qualifiés d’« homicides aggravés » peuvent entraîner une peine de cinquante ans de prison.

Le Honduras, qui interdisait déjà l’avortement y compris en cas de viol ou d’inceste, de malformation grave du fœtus ou quand la vie ou la santé de la mère étaient menacées, a approuvé en janvier 2021 une réforme constitutionnelle qui durcit la législation.« L’article 67 de la Constitution révisé stipule désormais que toute interruption de grossesse «par la mère ou par un tiers» est «interdite et illégale», mais surtout que cette clause «ne pourra être réformée que par une majorité des trois quarts des membres du parlement»

Au Brésil, l’avortement est seulement autorisée en cas de viol,risque pour la santé de la mère ou malformation grave du fœtus.

En Afrique, de nombreux pays continuent d’interdire l’avortement, notamment l’Égypte, le Sénégal, le Gabon, Madagascar et la Mauritanie. D’autres pays ont dépénalisé l’avortement, mais sous de strictes restrictions. Par exemple, en Côte d’Ivoire, en Ouganda, au Soudan du Sud, en Irak, au Liban, en Syrie, en Afghanistan, au Yémen, au Bangladesh, en Birmanie et au Sri Lanka, l’IVG n’est autorisée qu’en cas de danger pour la vie de la femme.

L’unique pays en Europe ayant prohibé strictement l’avortement est l’archipel de Malte. Avec une tradition catholique et très conservateur,toute femme ayant recours à une IVG encourt une peine de 11 mois à 3 ans de prisons, et du côté des médecins une peine de 4 ans de prison et une interdiction d’exercer. 

En Andorre l’avortement est interdit pour n’importe quel cas. Les peines sont de 6 mois d’emprisonnement pour la femmequi avorte et d’une interdiction d’exercer prononcé sur une période de 5 ans .

L’état du Vatican interdit aussi l’avortement à n’importe quelle conditions. Ces contraintes sortent  jusqu’au niveau du pape François qui qualifie d’actes supprimant la vie innocente.

En Haïti, l’avortement demeure criminalisé. Les lois du pays interdisent toute forme d’interruption volontaire de grossesse, quelle que soit la circonstance. »Code Pénal haïtien . Art. 262. Quiconque, par aliments, breuvages, médicaments, violence, ou par tout autre moyen, aura procuré l’avortement d’une femme enciente, soit qu’elle y ait consenti ou non, sera puni de la réclusion »

Le Etats Unis d’amériques ont récemment voté un texte remettant en question le décret  dite Roe vs Wade(1973). Suite à cette décision prise 24 juin 2022,chaque Etat aura donc la possibilité d’adopter sa propre législation et donc décider de rendre l’interruption volontaire de grossesse (IVG) illégale.

Les limites et le non accès à l’IVG peuvent avoir des conséquences directes sur la santé sexuelle et reproductrice des femmes. Plusieurs pays ont déjà adopté des lois autorisant les femmes à se faire avorter, le plus récent est le Mexique. Ce 7 août 2023 la cour suprême du Mexique a légalisé l’avortement sur toute son territoire. 

Il faut signaler que de l’autre côté de la frontière, le mercredi 30 juin 2021, la Chambre des députés de la République dominicaine a voté contre la légalisation de l’avortement dans trois cas, quand la grossesse pose un risque pour la vie de la femme ou jeune fille enceinte, quand le fœtus ne peut pas survivre hors de l’utérus, et quand la grossesse résulte d’un viol ou de l’inceste.

Thara Lajoie



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