Dans le cadre de son mois de sensibilisation autour du droit à l’avortement, l’association féministe intersectionnelle Gran Jipon et sa cellule Droit sur la santé sexuelle et reproductive (DSSR) ont lancé leur première d’activité le vendredi 1er septembre 2023 par une conférence sur Space X (anciennement Twitter Space). L’événement a accueilli Athalie Lindor, sociologue et féministe, en tant qu’intervenante. Le thème choisi pour cette année est clair et percutant : « L’avortement, un droit fondamental pour toutes » .

Athalie Lindor a ouvert la discussion en mettant en avant les multiples raisons pour lesquelles une femme peut envisager une interruption volontaire de grossesse, qu’il s’agisse de situations traumatisantes telles que le viol, l’incapacité de prendre en charge une autre vie que la sienne, ou encore la fuite des responsabilités par les hommes. Elle a souligné que l’avortement est un sujet complexe, mais aussi une pratique ancienne et universelle. Les femmes ont toujours eu recours à diverses méthodes pour procéder à un IVG, et cette réalité ne doit pas être ignorée.

Le débat entre les points de vue « pro-vie » et « pro-choix » persiste depuis des siècles, faisant appel aux questions morales et religieuses. L’influence de différentes institutions, notamment l’église, la famille, les écoles et les institutions politiques, rend le sujet encore plus complexe. Cependant, dans les pays où l’avortement est considéré comme relevant du choix personnel de chaque femme, elles ont accès à un ensemble de services associés pour garantir leur sécurité et leur bien-être.

Il est important de noter qu’un projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse a été déposé, mais jusqu’à présent, aucun changement significatif n’a été opéré, même dans le cadre d’un avortement thérapeutique lorsque la vie de la mère ou de l’enfant est en danger. L’article 262 du code pénal continue de sanctionner toute personne pratiquant ou aidant à l’avortement, ce qui pousse de nombreuses femmes à recourir à des avortements clandestins, mettant ainsi leur vie en danger.

Les discours condamnant les femmes qui ont recours à un avortement servent principalement à contrôler leurs corps, et il est impératif de reconnaître que chaque femme a le droit absolu au libre arbitre concernant son propre corps, sans être soumise à un jugement moral ou social.

Les organismes féministes ont pris l’initiative de changer les mentalités et de sensibiliser la société à la nécessité de protéger le droit des femmes à l’avortement. De plus, la légalisation de cette pratique permettrait aux femmes d’éviter les risques inutiles associés aux avortements clandestins, souvent réalisés dans des conditions précaires et dangereuses.

Il est essentiel de rappeler qu’il faut reconnaître que la responsabilité de la contraception ne devrait pas reposer uniquement sur les femmes. Exiger une contribution égale des hommes en matière de contraception, par exemple en encourageant la vasectomie, est une étape nécessaire vers l’égalité des sexes et le respect des droits fondamentaux des femmes. En fin de compte, l’avortement doit être considéré comme un droit fondamental pour toutes les femmes, permettant ainsi de garantir leur autonomie et leur bien-être.

Shelsy Dice



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