Pas moins de 191 personnes ont été assassinées dont 76 femmes et 6 filles. Au moins 18 femmes ont été violées, 17 d’entre elles exécutées par la suite. Tel est le nouveau bilan du Réseau national de Défense des Droits Humains (RNDDH) de la guerre opposant le groupe armé Chen Mechan au 400 Mawozo, du 24 avril au 6 mai 2022, dans la Plaine du Cul-de-sac.

Dans son rapport définitif titré « Carnage à la Plaine du Cul-de-sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’État », publié le lundi 27 juin, l’ONG a indiqué que les malfrats ont torturé, assassiné, violé de nombreuses personnes, et incendié des maisons, des véhicules. « De nombreuses femmes ont été violées avant d’être tuées. Tel est le cas par exemple des 17 femmes membres de la base Koko Fè, surprises par les bandits du gang des 400 Mawozo dans un motel. Elles ont été toutes violées avec beaucoup de violences avant d’être assassinées, puis jetées dans des puits d’eau et des latrines, selon les riverains », révèle le RNDDH.

Pas moins de 158 enfants sont devenus orphelins. Certains d’entre eux ont dû assister la mort, le viol, ou même la torture de leurs proches. Tel a été le cas de cette fillette qui a vécu, le lundi 2 mai 2022, le viol collectif subi par sa maman. « Les bandits ont envahi la zone de Shada, tuant les hommes sur leur passage. J.P. était chez elle avec son conjoint et sa fille de 11 mois. Ayant cru que seuls les hommes étaient exécutés, elle a proposé à son conjoint de se cacher sous des vêtements, en dessous du lit. Lorsque les bandits armés sont arrivés chez elle, ils l’ont violée à plusieurs reprises. Le mari, qui était caché sous le lit, a vécu ce viol collectif alors que la fillette, pour sa part, n’arrêtait pas de pleurer », peut-on lire dans le rapport.

De ce fait, le Réseau national de Défense des Droits Humains, pour remédier à cette catastrophe inhumaine, a adressé une liste de recommandations aux autorités étatiques. Fournir un accompagnement financier, médical et psychologique aux survivants-tes, porter la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) à enquêter sur les actes attentatoires aux vies et aux biens perpétrés à la Plaine du Cul-de-sac du 24 avril au 6 mai 2022, en vue de transmettre aux autorités judiciaires un rapport circonstancié, pour la mise en mouvement de l’action publique à l’encontre de tous ceux qui y sont impliqués, entre autres.

Marie Lunix Hogla Cerisier



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