
Le rapport publié par le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), le 16 juin 2022, retraçant les principaux faits survenus au cours des 120 derniers jours, traduit le tourment quotidien des femmes haïtiennes vivant en Haïti fait d’enlèvements, viols, meurtres et attaques armées. Face à cette situation, aucune catégorie sociale n’est épargnée.
Selon le rapport du Bureau Intégré des Nations Unies (BINUH), les enlèvements demeurent une réalité de la vie quotidienne des Haïtiens et des Haïtiennes, constituant une source de revenus pour les bandes organisées. Si les ravisseurs n’épargnent aucune couche sociale, les médecins, les avocats, le personnel de santé, les professeurs et les défenseurs des droits humains sont parmi les plus touchés (hommes ou femmes), tandis que les femmes et les filles kidnappées risquent fort de subir des violences sexuelles et fondées sur le genre pendant leur captivité.
Cette situation est encore plus sanglante pour les catégories dites « vulnérables ». Les femmes, les filles dès l’âge de cinq ans et les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et inter sexes sont particulièrement exposées à la violence sexuelle, y compris le viol et l’esclavage sexuel, a rapporté le BINUH. L’atteinte à l’intégrité physique et morale est devenue la norme dans notre milieu social.
Sont enregistrés « en moyenne, 98 victimes de violences sexuelles par mois », entre janvier et mars 2022, dans l’agglomération de Port-au-Prince, principalement dans les zones contrôlées par les bandes organisées, comme Croix-des-Bouquets, Bel-Air, la Saline et Cité Soleil. « Les violences sexuelles en Haïti sont largement sous-déclarées en raison de la stigmatisation et de la peur des représailles », peut-on lire dans le document.
Par ailleurs, des mesures auraient été prises dans le but de réduire la violence de proximité qui menace notamment les droits des femmes. Certaines activités ont repris dont celles financées par le Fonds pour la consolidation de la paix, le bâtiment du lycée national de la Saline, qui a rouvert ses portes en janvier après trois ans à l’initiative du ministre de l’Éducation et de la Formation professionnelle, a été partiellement rénové, permettant, à 1 173 élèves dont 670 filles, de reprendre leurs études.
Sur le plan professionnel, plusieurs projets ont vu le jour et ont créé 1 905 emplois temporaires, dont 690 pour des femmes, un groupe de 25 femmes a également commencé une formation. Face à contexte chaotique qui participe grandement à la destruction de l’avenir des filles et des femmes victimes de toute formes de violences, le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti demande aux autorités de prendre des mesures significatives pour que les auteurs de ces abus soient traduits en justice, ainsi que d’appuyer la fourniture de services médicaux et psychosociaux aux victimes afin de les aider à se remettre.
Marie Lunix Hogla Cerisier

