
Les femmes haïtiennes, malgré l’élaboration et la ratification de nombreuses lois visant à améliorer leur condition de vie en Haïti, restent confrontées aux mêmes problèmes contre lesquels elles luttent depuis des années au sein d’organisations féministes et autres.
En 1791, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne voit le jour grâce à Olympe de Gouges, marquant le début d’une nouvelle ère dans la lutte des femmes pour leurs droits. Cette avancée se concrétise en 1893 en Nouvelle-Zélande avec l’obtention du droit de vote pour les femmes, suivi par d’autres pays. En Haïti, cependant, il faudra attendre jusqu’en 1950 pour que les femmes acquièrent ce droit, suite à des mouvements féministes et malgré deux échecs majeurs en 1944 et 1946 qui méritent une attention particulière. Ainsi, l’article 4 de la Constitution de 1950 devient le premier à être en faveur des femmes en Haïti.
Par la suite, d’autres lois favorables aux femmes verront le jour. Le 8 octobre 1982, un décret sur l’émancipation des femmes est publié, mettant fin au statut de mineure juridique qui les contraignait. Désormais, elles peuvent effectuer des transactions ou porter plainte sans l’approbation de leurs maris. En 1987, l’article 17 de la Constitution instaure une loi sur l’égalité des sexes. En 2011, dans la version amendée de la Constitution de 1987, une loi sur le quota pour l’intégration des femmes en politique est élaborée, sans oublier le décret du 6 juillet 2005 renforçant le régime des agressions sexuelles.
Malgré la création de ces lois et d’autres, la condition de vie des femmes haïtiennes ne s’améliore pas, et elles continuent de subir les mêmes injustices. Ces lois, bien qu’élaborées et ratifiées, ne parviennent pas à assurer la protection, l’épanouissement et le bien-être qu’elles sont censées garantir. En d’autres termes, elles échouent à servir la cause pour laquelle elles ont été créées. Ces lois restent souvent inapplicables dans la vie quotidienne, ou bien ne s’appliquent que lorsque la victime appartient à une classe soi-disant importante. Malheureusement, c’est devenu la norme en Haïti.
Actuellement, il est pratiquement impossible pour une femme haïtienne de jouir pleinement des droits qui lui sont inhérents en vertu de ces lois. On est en droit de se demander à quoi elles servent, sinon à strictement rien.
Betsheinda Duclervil

